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Tytu³: Demain c'est loin
  • Wykonawca: IAM
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     L'encre coule, le sang se répand
  La feuille buvard absorbe l'émotion, sac d'image dans ma mémoire
  Je parle de ce que mes proches vivent et de ce que Je vois
  Des mecs coulés par le désespoir qui partent à la dérive
  
  Des mecs qui pour 20.000 de shit se déchirent
  Je parle du quotidien, écoute bien mes phrases font pas rire
  Rire, sourire, certains l'ont perdu je pense à Momo
  Qui m'a dit à plus jamais, je ne l'ai revu
  
  Tenter le diable pour sortir de la galère, t'as gagné frère
  Mais c'est toujours la misère pour ce qui pousse derrière
  Pousse pousser au milieu d'un champs de béton
  Grandir dans un parking et voir les grands faire rentrer les ronds
  
  La pauvreté, ça fait gamberger en deux temps trois mouvements
  On coupe, on compresse, on découpe, on emballe, on vend
  A tour de bras, on fait rentrer l'argent du crack
  Ouais, c'est ça la vie, et parle pas de RMI ici ici ici
  
  Ici, le rêve des jeunes c'est la Golf GTI, survet' Tachini
  Tomber les femmes à l'aise comme many
  Sur Scarface, je suis comme tout le monde je délire bien
  Dieu merci, j'ai grandis, je suis plus malin, lui il crève à la fin
  
  La fin, la faim, la faim justifie les moyens, 4, 5 coups malsains
  Et on tient jusqu'à demain, après on verra bien
  On marche dans l'ombre du malin du soir au matin
  Tapis dans un coin, couteau à la main, bandit de grand chemin
  
  Chemin, chemin, y'en a pas deux pour être un dieu
  Frapper comme une enclume, pas tomber les yeux, I'envieux en veut
  Une route pour y entrer deux pour s'en sortir, 3/4 cuir
  Réussir, s'évanouir, devenir un souvenir
  
  Souvenir être si jeune, avoir plein le répertoire
  Des gars rayés de la carte qu'on efface comme un tableau tchac! c'est le noir
  Croire en qui, en quoi, les mecs sont tous des miroirs
  Vont dans le même sens, veulent s'en mettre plein les tiroirs
  
  Tiroir, on y passe notre vie, on y finit avant de connaître l'enfer
  Sur terre, on construit son paradis
  Fiction, désillusion trop forte, sors le chichon
  La réalité tape trop dur, besoin d'évasion
  
  Evasion, évasion, effort d'imagination, ici tout est gris
  Les murs, les esprits, les rats la nuit
  On veut s'échapper de la prison, une aiguille passe, on passe à l'action
  Fausse diversion, un jour tu pètes les plombs
  
  Les plombs, certains chanceux en ont dans la cervelle
  D'autres se les envoient pour une poigne de biftons, guerre fraternelle
  Les armes poussent comme la mauvaise herbe
  L'image du gangster se propage comme la gangrène sème ses graines
  
  Graines, graines, graine de délinquant qu'espèriez-vous? Tous jeunes
  On leur apprend que rien ne fait un homme à part les francs
  Du franc tireur discret au groupe organisé, la racine devient champs
  Trop grand, impossible a arrêter
  
  Arrêté, poisseux au départ, chanceux à la sortie
  On prend trois mois, le bruit court, la réputation grandit
  Les barreaux font plus peur, c'est la routine, vulgaire épine
  Fine esquisse à l'encre de Chine, figurine qui parfois s'anime
  
  S'anime, animé d'une furieuse envie de monnaie
  Le noir tombe, qu'importe le temps qu'il fait, on jette les dés, faut flamber
  Perdre et gagner, rentrer avec quelques papiers en plus
  Ça aidera, personne demandera d'où ils sont tombés
  
  Tomber ou pas, pour tout, pour rien on prend le risque, pas grave cousin
  De toute façon dans les deux cas, on s'en sort bien
  Vivre comme un chien ou un prince, y'a pas photo
  On fait un choix, fait griller le gigot, briller les joyaux
  
  Joyaux, un rêve, plein les poches mais la cible est loin, la flèche
  Ricoche, le diable rajoute une encoche trop moche les mecs cochent
  Leur propre case, décochent pour du cash, j'entends les cloches, les coups de
  pioche Creuser un trou, c'est trop fastoche
  
  Fastoche, facile le blouson du bourgeois docile des mêmes la hantise
  Et porcelaine dans le pare-brise
  Tchac! rasoir sur le sac à main, par ici les talbins
  Ça c'est toute la journée, lendemain, après lendemain
  
  Lendemain? C'est pas le problème, on vit au jour le jour
  On n'a pas le temps ou on perd de l'argent, les autres le prennent
  Demain, c'est loin, on n'est pas pressé, au fur et à mesure
  On avance en surveillant nos fesses pour parler au futur
  
  Futur, le futur ne changera pas grand-chose, les générations prochaines
  Seront pires que nous, leur vie sera plus morose
  Notre avenir, c'est la minute d'après le but, anticiper
  Prévenir avant de se faire clouer
  
  Clouer, clouer sur un banc rien d'autre à faire, on boit de la bière
  On siffle les gazières qui n'ont pas de frère
  Les murs nous tiennent comme du papier tue-mouches
  On est là, jamais on s'en sortira, Satan nous tient avec sa fourche
  
  Fourche, enfourcher les risques seconde après seconde
  Chaque occasion est une pierre de plus ajoutée à nos frondes
  Contre leurs lasers, certains désespèrent, beaucoup touchent terre
  Les obstinés refusent le combat suicidaire
  
  Cidaire, sidérés, les dieux regardent, l'humain se diriger vers le mauvais
  Côté de l'éternité d'un pas décidé
  Préfèranr rôder en bas en haut, on va s'emmerder
  Y'a qu'ici que les anges vendent la fumée
  
  Fumée, encore une bouffée, le voile est tombé
  La tête sur l'oreiller, la merde un instant estompée
  Par la fenêtre, un cri fait son entrée, un homme se fait braquer
  Un enfant se fait serrer, pour une Cartier menotté
  
  Menotté, pieds et poings liés par la fatalité
  Prisonnier du donjon, le destin est le geôlier
  Le teurf l'arène on a grandit avec les jeux
  Gladiateur courageux, mais la vie est coriace, on lutte comme on peut
  
  Dans les constructions élevées
  Incompréhension, bandes de gosses soi-disant mal élevés
  Frictions, excitation, patrouilles de civils
  Trouille inutile, légendes et mythes débiles
  
  Haschich au kilo, poètes armés de stylo
  Réserves de créativité, hangars, silos
  Ça file au Bloc 20, pack de Heineken dans les mains
  Oublier en tirant sur un gros joint
  
  Princesses d'Afrique, fille mère, plastique
  Plein de colle, raclo à la masse lunatique
  Economie parallèle, équipe dure comme un roc
  Petits Don qui contrôlent grave leurs spots
  
  On pète la Veuve Cliquot, parqués comme à Mexico
  Horizons cimentés, pickpockets, toxicos
  Personnes honnêtes ignorées, superflics, Zorros
  Politiciens et journalistes en visite au zoo
  
  Musulmans respectueux, pères de famille humbles
  Baffles qui blastent la musique de la jungle
  Entrées dévastées, carcasses de tires éclatées
  Nuée de gosses qui viennent gratter
  
  Lumières oranges qui s'allument, cheminées qui fument
  Parties de foot improvisées sur le bitume
  Golf, VR6, pneus qui crissent
  Silence brisé par les sirènes de police
  
  Polos Façonnable, survêtements minables
  Mères au traits de caractère admirables
  Chichon bidon, histoires de prison
  Stupides divisions, amas de tisons
  
  Clichés d'Orient, cuisine au piment
  Jolis noms d'arbres pour des bâtiments dans la forêt de ciment
  Désert du midi, soleil écrasant
  Vie la nuit, pendant le mois de Rhamadhan
  
  Pas de distraction, se créer un peu d'action
  Jeu de dés, de contrée, paris d'argent, méchante attraction
  Rires ininterrompus, arrestations impromptues
  Maires d'arrondissement corrompus
  
  Marcher sur les seringues usagées, rêver de voyager
  Autoradios en affaire, lot de chaînes arrachées
  Bougre sans retour, psychopathe sans pitié
  Meilleurs liens d'amitié qu'un type puisse trouver
  
  Génies du sport faisant leurs classes sur les terrains vagues
  Nouvelles blagues, terribles techniques de drague
  Individualités qui craquent parce que stressées
  Personne ne bouge, personne ne sera blessé
  
  Vapeur d'éther, d'eau écarlate, d'alcool
  Fourgon de la Brink's maté comme le pactole
  C'est pas drôle, le chien mord enfermé dans la cage
  Bave de rage, les barreaux grimpent au deuxième étage
  
  Dealer du hashich, c'est sage si tu veux sortir la femme
  Si tu plonges, la ferme, y'a pas de drame
  Mais l'école est pas loin, les ennuis non plus
  Ça commence par des tapes au cul, ça finit par des gardes à vue
  
  Regarde la rue, ce qui change? Y'a que les saisons
  Tu baves du béton, crache du béton, chie du béton
  Te bats pour du laiton,mais est-ce que ça rapporte
  Regrette pas les biftons quand la BAC frappe à la porte
  
  Trois couleurs sur les affiches nous traitent comme des bordilles
  C'est pas Manille OK, mais les cigarettes se torpillent
  Coupable innocent, ça parle cash, de pour cent
  Oeil pour oeil, bouche pour dent, c'est stressant
  
  Très tôt, c'est déjà la famille dehors, la bande à Kader
  Va niquer ta mère, la merde au cul, ils parlent déjà de travers
  Pas facile de parler d'amour, travail à l'usine
  Les belles gazelles se brisent l'échine dans les cuisines
  
  Les élus ressassent rénovation ça rassure
  Mais c'est toujours la même merde, derrière la dernière couche
  De peinture, feu les rêves gisent enterrés dans la cour
  A douze ans conduire, mourir, finir comme Tupac Shakur
  
  Mater les photos, majeur aujourd'hui, poto
  Pas mal d'amis se sont déjà tués en moto
  Une fois tu gagnes, mille fois tu perds, le futur c'est un loto
  Pour ce, je dédie mes textes en qualité d'ex-voto, mec
  
  Ici t'es jugé à la réputation forte
  Manque-toi et tous les jours les bougres pissent sur ta porte
  C'est le tarif minimum et gaffe
  Ceux qui pèsent transforment le secteur en oppidum
  
  Gelé, l'ambiance s'électrise, y'a plein de places assises
  Béton figé fait office de froide banquise
  Les gosses veulent sortir, les "non" tombent comme des massues
  Les artistes de mon cul, pompent les subventions des SU
  
  Tant d'énergie perdue pour des préjugés indus
  Les décideurs financiers plein de merde dans la vue
  En attendant, les espoirs foirent, capotent, certains rappent
  Les pierres partent, les caisses volées dérapent
  
  C'est le bordel au Lycée, dans les couloirs on ouvre les extincteurs
  Le quartier devient le terrain de chasse des inspecteurs
  Le dos à un oeil car les eaux sont truffées d'écueils
  Recueille le blé, on joue aux dés dans un sombre cercueil
  
  C'est trop, les potos chient sur le profil Roméo
  Un tchoc de popo, faire les fils et un bon rodéo
  La vie est dure, si on veut du rêve
  lls mettent du pneu dans le shit et te vendent ça Ramsellef
  
  Tu me diras "ça va, c'est pas trop"
  Mais pour du tcherno, un hamidou quand on n'a rien, c'est chaud
  Je sais de quoi je parle, moi, le batard
  J'ai du fêter mes vingt ans avec trois bouteilles de Valstar
  
  Le spot bout ce soir qui est le King
  D'entrée, les murs sont réservés comme des places de parKing
  Mais qui peut comprendre la mène pleine
  Qu'un type a bout frappe sec poussé par la haine
  
  Et qu'on ne nait pas programmé pour faire un foin
  Je pense pas à demain, parce que demain c'est loin
  

szablony